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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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chante. M. Tliiers na rien moins à craindre quunesérieuse contradiction du côté de la chambre des pairs.Il peut compter sur elle encore plus sûrement que surses champions dans la chambre des députés, bien quilse soit attaché aussi cette dernière avec des liens assezsolides, avec de séduisants petits rubans rouges et desguirlandes de (leurs de rhétorique.

Il se pourrait cependant que le grand combat vînt àéclater lhiver prochain, lorsque M. Guizot, qui quitteson poste dambassadeur, reviendra de Londres à Paris,et recommencera son opposition contre M. Thiers. Cesdeux rivaux ont compris dès le commencement quilspeuvent à la vérité saccorder une courte trêve, maisnabandonner jamais entièrement leur combat singulier.Quelle sera la fin de ce duel oratoire? Il me paraît très-probable quavec la lutte entre les deux fameux maîtresdarmes de la tribune et leurs jeux descrime, finira enmême temps tout le régime parlementaire de France, etquil sera remplacé par les vulgaires assauts dun sans-culottisme qui ne connaît que la savate, ou par ceuxdune soldatesque traînant le sabre et battant le tambour.

M. Guizot a commis une grande faute lorsquil pritpart à la coalition. Il a avoué plus tard lui-même quecétait une faute, et cest en quelque sorte pour se réha-biliter quil alla à Londres : il voulait regagner dans sacarrière diplomatique la confiance des puissances étran-gères, quil avait perdue dans sa position comme hommede lopposition. Il compte peut-être aussi sur quelques