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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
tiques n’ont pas été composés par M. Gouin, quelquebrave homme qu’il soit! De temps à autre, il est vrai,malgré toute ma vénération pour le génie élevé de leurauteur, je sens naître en moi des doutes inquiétants surl’immortalité de ces chefs-d’œuvre après le décès del’auteur; mais dans mon entretien avec Spontini, je nem’en donnai pas moins l’air d’être convaincu de leurexistence après la mort du maître, et pour vexer lemalicieux Italien, je lui fis une confidence par laquelleil put voir avec quelle prévoyance Meyerbeer avait prisses mesures pour assurer la prospérité de ses enfantsspirituels jusqu’au delà de la tombe. «Cette précaution,dis-je à Spontini, est une preuve psychologique, que lapaternité réelle des opéras en question appartient augrand Giacomo Meyerbeer, et non à M. Gouin. Voici ceque c’est : le tendre père a fondé par testament unesorte de fidéi-commis en faveur de ses enfants musi-caux, en léguant à chacun d’eux un capital dont la renteest destinée à assurer l’avenir des pauvres orphelins, demanière que, même après le trépas de monsieur leurpère, on puisse faire face aux indispensables dépensesde popularité, aux frais éventuels de beaux décors,d’éclairage extraordinaire, de claque, de louanges dejournaux, d’ovations de chanteuses, etc., etc. Même pourle petit Prophète qui n’a pas encore vu le jour, l’excel-lent père a déjà, dit-on, stipulé une somme de -130,000thalers de Prusse. Jamais prophète n’est venu au mondeavec une pareille fortune; le fils du charpentier de