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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
l’un des hémistiches est en contradiction avec l’autre;il est essentiellement froid, comme l’est le diable d’a-près les assertions des sorcières, froid et glacial, mômedans ses effusions les plus passionnées; son enthou-siasme n’est qu’une fantasmagorie, un calcul sansamour, ou plutôt il n’aime que lui-même; il est égoïste,et pour dire quelque chose de pire, il est Ilugoïste. Il ya en lui plus de dureté que de force, et son front est del’airain le plus effronté. Malgré tous ses moyens d’ima-gination et d’esprit, nous voyons chez lui la gaucheried’un parvenu ou d’un sauvage, qui se rend ridicule ens’affublant d’oripeaux bigarrés, en se surchargeant d’oret de pierreries, ou en les employant mal à propos : enun mot, tout chez lui est barbarie baroque, dissonancecriante et horrible difformité ! Quelqu’un a dit du gé-nie de Victor Hugo : C’est un beau bossu. Ce mot estplus profond que ne le suppose peut-être celui qui l’ainventé.
En répétant ce mot, je n’ai pas seulement en vue lamanie de M. Victor Hugo, de charger, dans ses romanset ses drames, le dos de ses héros principaux d’unebosse matérielle, mais je veux surtout insinuer ici qu’ilest lui-même affligé d’une bosse morale qu’il porte dansl’esprit. J’irai même plus loin, en disant que d’après lathéorie de notre philosophie moderne, nommée la doc-trine de l’identité, c’est une loi de la nature que le carac-tère extérieur et corporel de l’homme répond à soncaractère intérieur et intellectuel. —Je ruminais encore