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ŒUVRES DE HF.NIU HEINE.
tant de préjugés ont cependant été extirpés, l’anathèmede l’Église reste toujours en force à l’égard des acteurs,qu’elle a toujours considérés comme des réprouvés; etpuisque les hommes deviennent toujours mauvais quandon les traite mal, les acteurs persévèrent ici, à peu d’ex-ceptions près, dans leur vieille vie de bohémiens, aussisale que brillante. Thalie et la vertu couchent ici rare-ment dans le même lit, et même notre plus célèbreMelpomène descend quelquefois de son cothurne pourl’échanger contre les provoquantes mules dont Goethechaussait la gentille coquine de Philine dans son roman« Wilhelm Meister. »
Toutes les belles actrices ont ici leur prix fixe, etcelles dont le prix n’est pas fixé sont certainement lesplus chères. La plupart des jeunes actrices sont entre-tenues par des dissipateurs ou de riches parvenus. Enrevanche, les véritables femmes entretenues et cellesqu’on nomme Lorettes, ont d’ordinaire la plus grandeenvie de se montrer sur le théâtre, manie dans laquelleentre autant de calcul que de vanité, parce que sur lascène elles peuvent le mieux mettre en évidence leurscharmes corporels, se faire remarquer par les illustra-tions de la haute débauche, et en même temps se faireadmirer de la masse du public. Ces personnes, qu’onvoit surtout jouer sur les petits théâtres, ne touchentgénéralement pas de gages; au contraire, elles paientencore par mois une certaine somme aux directeurspour la faveur qu’ils leur accordent en leur permettant