ordinaire des claqueurs avait offert ses services, maisson assistance fut refusée par l’orgueilleux auteur deLélia. Les nobles chevaliers du lustre, qui applaudissentsi vaillamment dans le centre du parterre quand on re-présente un chef-d’œuvre de Scribe ou d’Ancelot, furenttout à fait invisibles hier au Théâtre-Français.
Quant à la représentation du drame, l’exécution parJes soi-disant artistes, je n’en puis dire, à mon regret,fuie le plus grand mal. Outre la célèbre madame Dorval,qui n’a joué hier ni pis ni mieux qu’à l’ordinaire, tousles acteurs ont fait parade de leur monotone mé-diocrité. Le principal héros de la pièce, un certainM. Beauvallet, a joué, pour me servir d’une expressionbiblique, «comme un cochon avec un anneau d’or aumuseau. » George Sand semble avoir prévu combienpeu son drame, malgré toutes ses concessions faites auxcaprices des acteurs, serait favorisé par leurs effortsmimiques, et, dans une conversation qu’elle eut avecun de ses amis d’outre-Rhin, elle dit en plaisantant:« Voyez-vous, les Français sont tous comédiens de leurnature, et chacun joue son rôle dans le monde d’unemanière plus ou moins brillante; mais ceux d’entre mescompatriotes qui possèdent le moins de talent pour lenoble art dramatique, se vouent au théâtre et deviennentacteurs. »
J’ai dit moi-même à une autre occasion, que la viepolitique en France, le système représentatif et parle-mentaire , absorbe les meilleurs comédiens d’entre les