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ŒUVRES 11E HENRI IIF.INE.
fondent autant que possible contre l’invasion des grands,« Que voulez-vous faire chez nous? s’écrient-ils; restezdans votre littérature, et ne cherchez pas à vous intro-duire auprès de nos humbles marmites ! Pour vous lagloire, pour nous l’argent ! pour vous les longs articles’emplis d’admiration et de louanges, pour vous leshommages des esprits supérieurs et la haute critiquequi nous ignore' entièrement, nous autres pauvresdiables! Pour vous les lauriers, pour nous le rôtiCPour vous l’ivresse de la poésie, pour nous la moussedu vin de Champagne que nous humons en bons en-fants et en société des chefs de la claque ou des damesles plus honnêtes possible. Nous mangeons, nous bu-vons, on nous applaudit, nous siffle et nous oublie; tan-dis que vous , tout en mourant de faim, vous allez à larencontre de la plus sublime immortalité ! »
En effet, le théâtre procure à ses auteurs dramatiquesla plus parfaite aisance; la plupart d’entre eux de-viennent riches et vivent dans l’abondance, tandis queles plus grands écrivains français, ruinés par la contre-façon belge et l’état misérable de la librairie, languissent^ans une désolante pauvreté. Il est donc bien naturelqu’eux aussi ils soupirent parfois après ces fruits dorésqui mûrissent derrière la rampe scénique, et que, pourles saisir, ils allongent la main, comme le fit dernière-ment mon pauvre ami Balzac à qui cette tentative coûtasi chéri Comme il existe secrètement en Allemagneune alliance défensive et offensive entre les médiocrités