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ment de la plus grande importance; car les disputesdans la chambre pourraient hâter une catastrophe quisemble tantôt s’approcher, tantôt s’éloigner, mais quiest inévitable. Retarder son explosion aussi longtempsque possible, voilà la tâche des hommes d’État quidirigent les affaires dans ce moment. On reconnaît d’ail-leurs dans tous leurs actes, dans toutes leurs paroles,qu’ils ne veulent que cela et n’espèrent que cela, con-vaincus qu’ils sont de voir arriver tôt ou tard l’inévitableconflagration universelle. Avec une sincérité presquenaïve, Tliiers a avoué dans un de ses derniers discoure,combien peu de confiance il avait dans l’avenir le plusprochain, et combien on était forcé de chercher à sub-sister, à se maintenir d’un jour à l’autre ; il a l’oreillefine, et il entend déjà, pour parler le langage de l’EddaScandinave, le hurlement lointain du loup Fenris, quiannonce l’arrivée du règne d’Héla.
V
Paris, le 30 avril 1840.
Hier soir, après une attente infinie, après un retardprolongé de jour en jour depuis presque deux mois, parlequel la curiosité du public, mais aussi sa patience,furent surexcitées, hier soir enfin eut lieu au Théâtre-Français la représentation de Cosima , le drame deGeorge Sand. On ne saurait se faire une idée quellespeines, pour pouvoir assister à cette première représen-