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III
Paris, le 9 avril (840.
Après que les passions se sont un peu attiédies, etque la sage réflexion gagne insensiblement le dessus,chacun avoue que la tranquillité de la France aurait ététrès-gravement compromise, si les soi-disant conser-vateurs avaient réussi de renverser le ministère actuel.Les membres de ce ministère sont à coup sûr dans cemoment les hommes les plus propres à guider le véhiculede l’État. Le roi et Thiers, l’un au dedans du carrosseet l’autre sur le siège, doivent rester unis maintenant,car malgré leur position différente ils sont exposéstous les deux aux mêmes dangers de la culbute. Le roiet Thiers ne nourrissent nullement en secret des senti-ments de haine l’un pour l’autre, comme on le supposegénéralement. Ils s’étaient personnellement réconciliésil y a déjà bien longtemps. La seule différence qui reste,n’est que politique. Cependant, avec toute leur bonneentente actuelle, et malgré la meilleure volonté du roipour la conservation du ministère, cette différencepolitique ne pourra jamais entièrement disparaître deson esprit ; car le roi est le représentant de la couronne,dont les intérêts et les droits se trouvent dans un conflitcontinuel avec les désirs d’usurpation de la chambre.En effet, pour rendre hommage à la vérité, noussommes forcés de désigner tous les efforts de la chambre