devenons un peuple, M. Thiers peut bien dire qu’il n’ya pas nui, et l’histoire allemande lui tiendra comptede ce mérite. La pomme de discorde de la questiond’Orient apparaît également au début de son ministère,et nous voyons déjà sous son jour le plus frappant, l’é-goïsme de cette oligarchie britannique, qui nous exci-tait alors contre les Français. Ses agents se faufdaientdans la presse d’outre-Rhin, pour exploiter l’inexpériencepolitique de mes Allemands, qui s’imaginèrent toutbonnement que les Français n’en voulaient pas seule-ment aux couronnes des roitelets germaniques, maisbien aussi aux pommes de terre de leurs sujets, et qu’ilsdésiraient posséder les provinces rhénanes pour boirenotre bon vin du Rhin. Mon Dieu non, les Français nouslaisseront volontiers nos pommes de terre, eux qui ontles truffes du Périgord, et ils peuvent se passer de notrevin du Rhin, eux qui ont celui de Champagne. LaFrance n’a rien à nous envier, et les velléités solda-tesques dont nous nous crûmes menacés, étaient desinventions de fabrique anglaise. Que la France, cepeuple sincère et généreux, généreux jusqu’à la fanfa-ronnade, soit notre alliée naturelle et véritablement sûre,c’est ce qui fut la conviction de toute ma vie, et il endécoula pour moi en tout temps le besoin patriotiqued’éclairer mes compatriotes aveuglés sur l’idiotismeperfide de nos gallophages et de nos bardes chantant lesoi-disant Rhin libre. Ce besoin patriotique a peut-êtredonné à mes articles sur le ministère Thiers un coloris
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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