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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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VII
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PRÉFACE.

traire, najoute pas foi à de pareilles calomnies. Ne doutejamais, ô ma toute belle, de la sincérité de ma tendresse, quiest tout à fait désintéressée. Tu es certes encore assez joliepour navoir point à redouter dêtre aimée pour dautres motifsque pour tes beaux yeux.

Jai mentionné tout à lheure que les lettres qui composentmon livre de Lutèce ont paru anonymes dans la GazettedAugsbourg. Elles portaient, il est vrai, un chiffre; maiscelui-ci nattestait nullement dune manière définitive que jenétais lauteur. Jai expliqué celte circonstance en détail dansune note ajoutée à la version allemande de mon livre, et jentranscris ici le principal passage :

« La rédaction de la Gazette d'Augsbourg avait lhabitudede désigner par un chiffre mes articles, aussi bien que ceuxdes autres collaborateurs anonymes, pour satisfaire à des be-soins administratifs, par exemple pour faciliter la comptabilité,mais nullement pour souffler ainsi en demi-Confidence, commele mot dune charade, le nom de lauteur à loreille do lhcno-rable public. Or, comme la rédaction seule, et non le véritableauteur, devenait responsable de tout article anonyme, etquelle était forcée de représenter le journal non-seulementvis-à-vis du public à mille têtes, mais aussi vis-à-vis de biendes autorités sans tête aucune : cette pauvre rédaction f quiavait à lutter contre dinnombrables obstacles tant matérielsquo moraux, avait bien le droit darranger chaque articleselon ses besoins du jour, et dy faire à son gré des suppres-sions, des retranchements, bref, des changements de touteespèce ; il fallait bien lui accorder ce droit, quand même lesopinions personnelles et helas ! parfois aussi le style de 1 au-teur subissaient par ce procédé de graves atteintes. Un publi-ciste bien avisé doit, pour lamour môme de sa cause, faire