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PRÉFACE.
traire, n’ajoute pas foi à de pareilles calomnies. Ne doutejamais, ô ma toute belle, de la sincérité de ma tendresse, quiest tout à fait désintéressée. Tu es certes encore assez joliepour n’avoir point à redouter d’être aimée pour d’autres motifsque pour tes beaux yeux.
J’ai mentionné tout à l’heure que les lettres qui composentmon livre de Lutèce ont paru anonymes dans la Gazetted’Augsbourg. Elles portaient, il est vrai, un chiffre; maiscelui-ci n’attestait nullement d’une manière définitive que j’enétais l’auteur. J’ai expliqué celte circonstance en détail dansune note ajoutée à la version allemande de mon livre, et j’entranscris ici le principal passage :
« La rédaction de la Gazette d'Augsbourg avait l’habitudede désigner par un chiffre mes articles, aussi bien que ceuxdes autres collaborateurs anonymes, pour satisfaire à des be-soins administratifs, par exemple pour faciliter la comptabilité,mais nullement pour souffler ainsi en demi-Confidence, commele mot d’une charade, le nom de l’auteur à l’oreille do l’hcno-rable public. Or, comme la rédaction seule, et non le véritableauteur, devenait responsable de tout article anonyme, etqu’elle était forcée de représenter le journal non-seulementvis-à-vis du public à mille têtes, mais aussi vis-à-vis de biendes autorités sans tête aucune : cette pauvre rédaction f quiavait à lutter contre d’innombrables obstacles tant matérielsquo moraux, avait bien le droit d’arranger chaque articleselon ses besoins du jour, et d’y faire à son gré des suppres-sions, des retranchements, bref, des changements de touteespèce ; il fallait bien lui accorder ce droit, quand même lesopinions personnelles et helas ! parfois aussi le style de 1 au-teur subissaient par ce procédé de graves atteintes. Un publi-ciste bien avisé doit, pour l’amour môme de sa cause, faire