des Finances de la France. 44 y
tout s’y rapporte de quelque maniéré , aufort des hommes & au degré de félicitédont ils font fufceptibles. En fe rapprochantd’eux par fon amour & par fa penfée, il n’apas cet orgueil fuperbe qui naît de l’inter-valle immenfe que les Princes mettent com-munément entr’eux & leurs fujets, & qui lesrend comme feuls %• la terre ; mais il a cefentiment plus vif & plus fublime , qui tientà la connoilfance de tout ce qu’il peut pourleur bonheur. Enfin , en apprenant de bonneheure à fe diftraire de lui-même & à vivredans les autres , le Roi bienfaifant prolongefes plaifirs ; & l’âge, l’habitude & l’ennui quiéteignent toutes les pallions des hommes,femblent refpeder la fienne ! Celui qui faitfervir toute fa puiffance à fon ambition ,éprouve bientôt la réfiftance que lui oppo-fent les événements, les intérêts divers &les bornes de fes moyens : c’eft un pilotequi conduit fon navire à travers des roches,& qui entend, à chaque inftant, le cri desbois qui fe rompent ou qui fe détachent : le