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poffible d’arranger les chofes en imagina-tion , on voudrait pour une telle place deuxhommes en un feul, dont l’un fe livreraitfans ceiïe à la méditation, & l’autre veil-lerait au courant des affaires. Non, dirontici quelques perfonnes, il faut à la nationFrançoife des minittres légers, fans foucis,fans nuages , voyant tout par éclair , &décidant de même : c’eft ainfi , du moins,que je crois entendre parler tous ces mef-fieurs de belle humeur, qui en riant, jouant,& dépenfant leurs pendons, croient quetout eft au mieux dans le monde , & quele peuple eft content comme eux. Je doute,que ce'foit à de telles leçons qu’un minif-tre doive prêterPoreille; &jepenfe plutôt,que la confiance d’un Roi, les affaires d’unegrande nation , exigent dans les premièresplaces de l’Etat, le dévouement entier deles forces & de fa penfée, & qu’on s’y doitun compte févère de l’emploi de tous fesmoments.
Soyez donc économes du tems, vous