en flanelle rayée; son visage était d’une pâleur mala-dive, son œil grand et sérieux, et elle me demandad’une voix tremblante d’inquiétude, et pourtant cu-rieuse, si ce n’était pas là VOcéan ?...
Je demeurai bien avant de la nuit au bord de la mer,à pleurer. Je n’ai pas honte de ces larmes. Achille aussipleura sur le rivage, et sa mère, la déesse aux piedsd’argent, fut obligée de s’élever du milieu des flots pourle consoler. Moi aussi, j’ai entendu dans l’onde une voix,mais moins consolatrice, plus excitante, et pourtant sageau fond. Car la mer sait tout : les étoiles lui confientpendant la nuit les mystères les plus cachés du ciel ;dans ses profondeurs, gisent avec les empires fabuleuxengloutis, les vieilles traditions disparues de la terre ;elle colle à tous les rivages les mille oreilles curieuses deses vagues, et les fleuves qui accourent à elle, lui ap-portent toutes les nouvelles qu’ils ont entendues dansles profondeurs éloignées des continents, ou recueilliesdu babillage des petits ruisseaux et des sources desmontagnes... Mais si la mer vous révèle ses secrets, etvous murmure dans le cœur la grande parole rédemp-trice de l’univers, alors, adieu repos ! adieu les paisiblesrêveries ! adieu les nouvelles et les comédies que j’avaisdéjà si joliment commencées, et que je ne termineraipas de si tôt maintenant !
Les couleurs d’or de l’ange .se sont depuis ce tempspresque entièrement desséchées sur ma palette, et iln’est resté de liquide qu’un rouge cru qui ressemble à