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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE'.

pût suffire à démontrer que des gredins sont rudes aussi,de même que beaucoup de lâches. En France, le cou-rage est civilisé et poli, et la loyauté porte des gants etvous tire le chapeau. En France, le patriotisme consistedans l’amour pour le pays natal, parce qu’il est en mêmetemps la patrie de la civilisation et des progrès de l’hu-manité. Le susdit patriotisme allemand consistait, aucontraire, dans la haine contre la France, dans lahaine contre la civilisation et le libéralisme. N’est-cepas, que je ne suis pas un patriote, moi qui loue laFrance?

Il y a quelque chose de particulier dans le patrio-tisme, dans le véritable amour de la patrie. On peutaimer son pays, et ne s’en être jamais aperçu, même àl’âge de quatre-vingts ans ; mais il faut pour cela n’avoirjamais quitté son foyer. Ce n’est que dans l’hiver qu’onreconnaît la nature du printemps; et c’est derrière lepoêle qu’on trouve les meilleures chansons de mai.L’amour de la liberté est une fleur qui naît en prison,et c’est là qu’on sent le prix de la liberté. Ainsi, l’amourde la patrie allemande commence aux frontières d’Alle-magne, surtout à la vue de l’infortune allemande surune terre étrangère. J’ai devant moi, en ce moment, unlivre qui contient les lettres d’une amie qui est morte ;et je fus tout ému en lisant hier le passage suivant, oùelle décrit l’impression que lui fit l’aspect de ses com-patriotes à l’étranger pendant la guerre de 1813.

o J’ai versé toute la nuit d’amères larmes d’attendris-