RF.ISEBILDEH.
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patrie; encore, la grandeur de la plainte n’était pas dansles paroles, mais dans le ton simple et droit avec lequelelles étaient dites ou plutôt soupirées. Ces pauvres gensn’étaient pas non plus, eux, des démagogues; le refrainfinal de chacune de ces plaintes était toujours : « Quedevions-nous faire? Fallait-il faire une révolution?»
Je le jure par tous les dieux du ciel et de la terre : ladixième partie de ce que ces gens ont enduré en Alle-magne eût amené en France trente-six révolutions, etcoûté à trente-six rois la couronne avec la tête.
— Et pourtant nous aurions supporté tout cela, etnous ne serions pas partis, dit un Souabe octogénaire ;mais nous l’avons fait à cause des enfants. Ils ne sontpas encore si fort accoutumés à l’Allemagne, eux, etpeut-être pourront-ils devenir heureux à l’étranger :mais certainement ils auront aussi bien des choses àsupporter en Afrique.
Ces pauvres gens allaient à Alger, où on leur avaitpromis, à des conditions favorables, une certaine quan-tité de terrain pour s’y établir. — Le pays doit être bon,disaient-ils ; mais il y a, nous a-t-on dit, beaucoup deserpents venimeux qui peuvent faire bien du mal'et l’ona beaucoup à souffrir des singes qui volent les fruitsdans les champs, ou enlèvent les enfants et les em-mènent dans les bois. C’est cruel ; mais chez nous lebailli est venimeux aussi, quand on ne paie pas l'impôt ;et les champs sont bien plus ruinés encore par le gibieret par la chasse, et puis on prend nos enfants pour les