REISEBILDER.
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mer... En vérité, nous ne sommes point les maîtres,mais bien les serviteurs de la parole. Ce fut une doulou-reuse confession, quand Maximilien Robespierre dit:— Je suis esclave de la liberté.
Et moi aussi, je veux faire aujourd’hui une confes-sion. Ce ne fut pas un vain caprice de mon cœur quime fit quitter iout ce qui m’était cher, ce qui me char-mait et me souriait dans la patrie. Là, plus d'un êtrem’aimait...; par exemple, ma mère... Et pourtant, jepartis, sans savoir pourquoi, je partis parce qu’il lefallait. Plus tard, je me sentis Pâme bien fatiguée:j’avais tant fait le métier de prophète avant les journéesde juillet, que le feu intérieur m’avait presque consumé;mon cœur était, par les paroles puissantes qui s’enétaient arrachées, aussi épuisé que le ventre d’unefemme qui vient d’être délivrée.
Je me mis à réfléchir que vous n’aviez plus besoin demoi; que je peux à la fin vivre pour moi, aussi, com-poser de belles poésies, des comédies et des nouvelles,de tendres et amusants jeux d’esprit qui se sont amassésdans la boîte de mon cerveau, et que je peux retournerpaisible dans le pays de la poésie, ou jadis j’avais vécusi heureux.
Et puis, je n’aurais pu choisir un endroit où je fussemieux pour mettre à exécution ce projet. C’était dansune petite campagne, tout au bord de la mer, près duIlavre-de-Grâce, en Normandie. Vue admirable sur lagrande mer du Nord, aspect éternellement changeant