364 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
« Samson lui répondit : Si l’on me liait avec des cordestoutes neuves, dont on ne se serait jamais servi, je de-viendrais faible et semblable aux autres hommes. »
« Dalila l’ayant encore lié, après avoir caché des gensdans sa chambre, elle lui cria : Samson, voilà les Phi-listins qui fondent sur vous. Et aussitôt il rompit lescordes comme on romprait un filet. »
« Stupides Philistins ! » s’écria le petit, a je vous re-connais à vos sottises ! »
— « Ne parle pas, » s’écria Van Mceulen, « tais-toi etreste tranquille, » puis il continua :
« Dalila dit encore à Samson : Jusqu’à quand metromperez-vous et me direz-vous des choses fausses?Dites-moi donc avec quoi il faudrait vous lier ?
« Samson lui dit : Si vous faites sept tresses des che-veux de ma tête, avec le fil des tisserands, et qu’ayantfait passer un clou par dedans, vous l’enfonciez dans laterre. »
« Et elle lui dit : Samson, voilà les Philistins quifondent sur vous. Et s’éveillant tout d’un coup, il ar-racha le clou avec ses cheveux et le fil. »
Le petit s’écria en riant : « C’est comme moi dans larue d’Eschenheim un jour que j’y passais, seulement... »Mais Van Mœulen lui imposa silence et continua :
« Alors Dalila lui dit: Comment dites-vous que vousm’aimez puisque vous n’avez que de l’éloignement pourmoi. Vous m’avez déjà trompé trois fois, et vous n’avezpas voulu me dire d’où vient cette grande force. »