Après m’être acquitté de cette importante besogne,je me rendis en hâte à la demeure du petit Sirnson queje trouvai dans un très-fâcheux état. Il était couchédans un grand lit gothique, sans rideaux; aux coins sedressaient quatre colonnes en bois marbré supportantun ciel richement doré.
La face du petit était toute pâle de souffrances, etdans le regard qu’il m’adressa, il y avait tant de tristesse,de bonté et d’infortune que j’en fus touché jusqu’aufond.de l’âme. Le médecin, qui venait de le quitter,avait déclaré que la blessure avait de la gravité et mêmebeaucoup de gravité. Van Mœulen, qui était resté seulpour veiller près de lui pendant la nuit, était assis à sonchevet, et lui faisait une lecture dans la Bible.
« Schnabelewopski, » soupira le petit, «tu viens àpropos. Tu pourras écouter, et cela te fera du bien.C’esf nn livre précieux. Mo« ancêtres l’ont emporté aveceux dans le monde entier, et leur engouement pour celivve leur a valu beaucoup d’avanies, de persécutions,d'injures et de haine; ils ont enduré toutes les tortures