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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

nont pas toujours le bonheur de sentendre... Et puis,ils ne vivent pas éternellement comme nous; ils sontmortels, et il ne leur est accordé que pour très-peu detemps de chercher le bonheur; il leur faut le saisir à lavolée et le serrer contre leur cœur avant quil ne leuréchappe... Cest pourquoi leurs chants damour sont sitendres, si intimes, si douloureux, superbes avec tantde désespoir, bizarre mélange de joie et de peine... Lapensée de la mort jette son ombre mélancolique sur leursplus belles heures de félicité, et les console doucementdans le malheur. Ils peuvent pleurer. Quelle poésie ren-ferme une telle larme dhomme !

Entends-tu, dis-je alors à Jadviga, comme ilsparlent de nous-bas?... Embrassons-nous, pour quilsne nous plaignent plus ; bien plus, pour quils nousportent envie ! Mais la bien-aimée me regarda avec unamour infini et sans répondre un mot. Je lavais em-brassée en silence. Elle pâlit, et un frisson froid courutsur ses traits charmants. Elle se laissa aller, raide etimmobile comme un marbre blanc, entre mes bras, etje laurais crue morte, si deux grands ruisseaux de larmesneussent coulé sans cesse de ses yeux,... et ces larmesminondèrent pendant que je serrais convulsivement dansmes bras la douce créature...

Soudain jentendis la voix criarde de mon hôtesse, quimarracha à mon songe. Elle était debout devant monlit, une lanterne à la main, et me pria de laccompagner.Jamais je ne lavais vue si laide. Elle était en chemise,