La maison où je logeais à Leyde avait été jadis ha-bitée par Jan Steen, le grand Jan Steen, que je regardecomme aussi grand que Raphaël. C’était aussi commepeintre religieux que Jan Steen n’était pas moinsgrand , et c’est ce qu’on verra bien clairement un jour,quand la religion de la tristesse aura disparu, que la re-ligion de la joie arrachera le crêpe lugubre qui couvreles roses de cette terre, et que les rossignols pourrontfaire éclater leurs ravissements longtemps dissimulés.
Mais aucun rossignol ne chantera avec autant d’éclatet de bonheur que Jan Steen peignait. Personne n’asenti aussi profondément que lui qu’il doit toujours yavoir une éternelle fête de Kirmesse sur cette terre. Ilcomprit que notre vie n’est qu’un baiser de Dieu, et ilsavait que le Saint-Esprit se révèle de la manière la plussublime dans la lumière et dans le rire.
Son œil riait dans la lumière, et la lumière se miraitdans son œil riant.
Et Jan demeura toujours un enfant bon, naïf etaimable. Quand le vieil et sévère prédicateur de Leyde