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1 (1861)
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ItEISEBILDER.

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rire ne venait pas den bas, de lenfer, mais bien denhaut, du paradis. Quand je tournai les yeux de ce côté,je vis une délicieuse Ève qui me regardait dune manièretoute séduisante avec ses grands yeux bleus. Son braspendait le long de la galerie, et sa main tenait unepomme, ou pour mieux dire, une orange. Au lieu demen offrir symboliquement la moitié, elle men jetamétaphoriquement les écorces sur la tête. Y avait-ilhasard ou intention? cest ce que je voulus savoir. Maislorsque je montai au paradis pour continuer la connais-sance, je ne fus pas peu surpris de trouver une blancheet douce jeune fille, une ligure indiciblement féminineet délicate, non pas languissante, mais frêle comme lecristal, un modèle de réserve domestique et de douceamabilité. Seulement, au coin gauche de sa lèvre supé-rieure, se contournait quelque chose comme la petitequeue dun lézard qui se blottit. Cétait un trait mysté-rieux quon ne trouve pds tout à fait chez un ange pur,mais encore moins chez le diable. Ce trait nannonce nile bien ni le mal, mais simplement un pernicieux savoir;cest un sourire qui avait été empoisonné par cettepomme de la science que la bouche avait goûtée.Quand je vois ce trait sur de tendres et vermeilles lèvresde jeune fdle, je sens dans mes propres lèvres un tres-saillement, un désir convulsif de baiser ces lèvres : cestleffet de laffinité sympathique.

Je lui murmurai donc à loreille : Juffrow ! je vou-drais bien donner un baiser à tes lèvres.