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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
étant par lui-même d’une nature aristocratique, n’a pucombattre le règne des privilèges, l’institution des castesprivilégiées aussi sûrement que la raison, qui est de na-ture démocratique. L’histoire de la révolution est l’his-toire guerrière de ce combat auquel nous avons touspris plus ou moins de part : c’est le combat mortel aveel’esprit égyptien.
Quoique les glaives des ennemis s’émoussent chaquejour davantage, quoique nous ayons occupé les meil-leures positions, nous ne pouvons néanmoins entonnerle chant du triomphe, avant que l’œuvre soit totalementaccomplie. Nous ne pouvons que nous rendre dans l’in-tervalle des nuits, avec une lanterne, sur le champ debataille pour enterrer les morts. Nos courtes allocu-
tions funéraires profitent peu ! La calomnie, spectreéhonté, s’assied sur les tombeaux les plus nobles.
Ah ! il s’agit de combattre aussi ces ennemis hérédi-taires de la vérité, qui savent si adroitement empoisonnerla .bonne réputation de leurs adversaires, et qui ontmême eu l’art de rabaisser ce premier prédicateur de lamontagne, le héros le plus pur de la liberté; car, nepouvant nier qu’il fût le plus grand homme de la terre,ils en ont fait le dieu le plus petit du ciel. Quiconquecombat les prêtres doit s’attendre que le meilleur men-songe et la calomnie la mieux ourdie déchireront sapauvre bonne renommée, et la noirciront. Mais, àl’exemple de ces drapeaux déchirés le plus cruellementdans le combat par les balles, et noircis par la fumée