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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

aux tours orgueilleuses, quil ne devait plus à lavenirrester dans lempire aucune maison qui fût plus hautequune maison de paysan. Cétait jusquà ce point devérité et de piété quils avaient compris l'égalité. Nousapercevons encore aujourdhui en Franconie et enSouabe les traces de cette leçon dégalité, et un respectplein deffroi, comme en présence du Saint-Esprit, saisitle voyageur quand il voit au clair de la lune les sombresruines des châteaux forts, renversés dans la guerre despaysans. Tant mieux pour celui qui, desprit sobre, nevoit pas autre chose ; mais si lon est un voyant, et cha-cun lest qui sait lhistoire, on y voit aussi la grandechasse que la noblesse allemande, la plus grossière dumonde, a menée contre les vaincus ; on voit commentles malheureux désarmés ont été par milliers sabrés,torturés, roués, martyrisés; et, sur les vagues ondoyantesdes champs de blé, sélèvent les têtes sanglantes despaysans qui font des signes mystérieux, puis au-dessuslon entend siffler une prodigieuse alouette avec un chantde vengeance, comme le fifre dHelfenstein.

Les frères réussirent un peu mieux en Angleterre eten Ecosse; leur ruine ne fut pas aussi ignominieuse etsi peu féconde, et nous voyons encore aujourdhui lesfruits de leur gouvernement; mais ils ne parvinrent pasà fonder quelque chose de bien solide; les cavaliersélégants régnent encore comme jadis, et se laissentcharmer par les plaisantes histoires des vieilles et duresTêtes Rondes que le barde leur allié a si joliment rédi-