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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
aux tours orgueilleuses, qu’il ne devait plus à l’avenirrester dans l’empire aucune maison qui fût plus hautequ’une maison de paysan. C’était jusqu’à ce point devérité et de piété qu’ils avaient compris l'égalité. Nousapercevons encore aujourd’hui en Franconie et enSouabe les traces de cette leçon d’égalité, et un respectplein d’effroi, comme en présence du Saint-Esprit, saisitle voyageur quand il voit au clair de la lune les sombresruines des châteaux forts, renversés dans la guerre despaysans. Tant mieux pour celui qui, d’esprit sobre, nevoit pas autre chose ; mais si l’on est un voyant, et cha-cun l’est qui sait l’histoire, on y voit aussi la grandechasse que la noblesse allemande, la plus grossière dumonde, a menée contre les vaincus ; on voit commentles malheureux désarmés ont été par milliers sabrés,torturés, roués, martyrisés; et, sur les vagues ondoyantesdes champs de blé, s’élèvent les têtes sanglantes despaysans qui font des signes mystérieux, puis au-dessusl’on entend siffler une prodigieuse alouette avec un chantde vengeance, comme le fifre d’Helfenstein.
Les frères réussirent un peu mieux en Angleterre eten Ecosse; leur ruine ne fut pas aussi ignominieuse etsi peu féconde, et nous voyons encore aujourd’hui lesfruits de leur gouvernement; mais ils ne parvinrent pasà fonder quelque chose de bien solide; les cavaliersélégants régnent encore comme jadis, et se laissentcharmer par les plaisantes histoires des vieilles et duresTêtes Rondes que le barde leur allié a si joliment rédi-