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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
pire de toutes les plaies d’Égypte, et au moyen de la vé-ritable magie noire (la poudre et l’imprimerie ) ont briséla puissance de cette hiérarchie spirituelle et temporellequi s’était formée de l’alliance de la prêtrise et de lacaste des guerriers, c’est-à-dire, de l’église romaine etde la noblesse féodale, et qui asservit toute l’Europetemporellement et spirituellement. La presse de l’impri-merie écrasa l’édifice des dogmes où le grand prêtre deRome emprisonnait les esprits, et le nord de l’Europerespira de nouveau librement, délivré de ce clergé quine se continuait plus, il est vrai, par l’hérédité commela tribu égyptienne , mais pouvait rester d’autant plusfidèle au système des prêtres d’Égypte, qu’il se perpé-tuait d’une manière plus certaine, non par reproductionnaturelle, mais artificiellement, en corporation de céli-bataires et par un recrutement à la manière des mame-luks. Nous voyons en même temps comme la caste desguerriers perd sa puissance depuis que la vieille routinedu métier ne sert plus dans la nouvelle manière de guer-royer : car les canons font écrouler aujourd’hui les châ-teaux les plus forts, aussi facilement qu’autrefois lestrombones de Jéricho; le harnais de fer du chevalierprotège aussi peu contre la pluie de plomb que la ja-quette de toile du paysan; la poudre rend tous leshommes égaux, un fusil bourgeois tue tout aussi bienqu'un fusil noble... Le peuple se lève.