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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
au moins subsister, même au prix des plus détestablesmoyens. C'est là, vois-tu, le fâcheux effet d’une dette.—Cette révélation de mon ami de Bedlam expliqueraitpeut-être le dernier changement du ministère anglais.Ils ont dû succomber, les amis de Canning, que jenomme les bons esprits de l’Angleterre, parce que leursadversaires sont ses démons. Ceux-ci, le sot diable Wel-lington à leur tête, poussent maintenant leur cri de vic-toire. Que personne n’insulte le pauvre George, il lui afallu céder aux circonstances. On ne peut nier qu’aprèsla mort de Canning, les whigs n’étaient pas en état demaintenir la tranquillité en Angleterre, car les mesuresqu’ils avaient à prendre dans ce but étaient traverséespar les torys. Le roi, auquel le maintien de la tranquil-lité publique, c’est-à-dire de son trône, paraît la chosela plus importante, a dû remettre en conséquence auxtorys l’administration de l’État. Et c’est maintenantqu’ils vont recommencer à administrer pour le bien deleur propre bourse, tous les fruits du travail du peuple;ces gouvernants accapareurs vont hausser le prix deleurs grains ; John Bull va souffrir la faim à en maigrir,et finira par se vendre, corps et âme, à ces hauts etpuissants seigneurs, pour un morceau de pain; ils l’at-tacheront à leur charrue et le fouetteront; il ne lui seramême pas permis de gronder, car d’un côté le duc deWellington le menace avec son sabre, et de l’autre l’ar-chevêque de Cantorbery le frappera de la Bible sur latête,.., et l’ordre régnera en Angleterre.