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1 (1861)
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REISEBILDER.

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que nous nous réveillâmes, nous devînmes hommesd'action, nous fûmes vainqueurs; après quoi nous nousrecouchâmes pour rêver sur nouveaux frais. Oh! mon-sieur, ne vous moquez pas de nos rêveurs, car de tempsà autre, comme des somnambules, ils disent des chosesadmirables dans leur sommeil, et leur parole devientalors semence de liberté. Personne ne peut prévoir latournure des choses. Peut-être que lAnglais spleenique,dégoûté de sa femme, lui mettra un jour une corde aucol, et lira vendre au marché à Smithfield. Le légerFrançais deviendra peut-être infidèle à sa fiancée, laquittera et sen ira chantant et dansant faire la cour auxdames de son Palais-Royal. Mais lAllemand ne pousserajamais tout à fait à la porte sa vieille grandmère, il luidonnera toujours une petite place au foyer, ellepourra conter aux enfants attentifs ses contes de fées.Si, un jour, ce quà Dieu ne plaise, la liberté avait dis-paru du monde entier, ce sera un rêveur allemand quila retrouvera dans ses rêves.

Pendant que le paquebot, et avec lui notre conversa-tion, remontaient le courant du fleuve, le soleil dispa-raissait, et ses derniers rayons éclairaient lhospice deGreenwich, édifice imposant, semblable à un palais,qui consiste, à proprement parler, en deux ailes, et dontlespace intermédiaire, qui est vide, laisse voir aux pas-sants une montagne verte et boisée, couronnée par unjoli petit château. Sur leau, la foule de bâtimentssépaississait à chaque instant, et jadmirais lhabileté