REISEBILDER.
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que nous nous réveillâmes, nous devînmes hommesd'action, nous fûmes vainqueurs; après quoi nous nousrecouchâmes pour rêver sur nouveaux frais. Oh! mon-sieur, ne vous moquez pas de nos rêveurs, car de tempsà autre, comme des somnambules, ils disent des chosesadmirables dans leur sommeil, et leur parole devientalors semence de liberté. Personne ne peut prévoir latournure des choses. Peut-être que l’Anglais spleenique,dégoûté de sa femme, lui mettra un jour une corde aucol, et l’ira vendre au marché à Smithfield. Le légerFrançais deviendra peut-être infidèle à sa fiancée, laquittera et s’en ira chantant et dansant faire la cour auxdames de son Palais-Royal. Mais l’Allemand ne pousserajamais tout à fait à la porte sa vieille grand’mère, il luidonnera toujours une petite place au foyer, où ellepourra conter aux enfants attentifs ses contes de fées.Si, un jour, ce qu’à Dieu ne plaise, la liberté avait dis-paru du monde entier, ce sera un rêveur allemand quila retrouvera dans ses rêves.
Pendant que le paquebot, et avec lui notre conversa-tion, remontaient le courant du fleuve, le soleil dispa-raissait, et ses derniers rayons éclairaient l’hospice deGreenwich, édifice imposant, semblable à un palais,qui consiste, à proprement parler, en deux ailes, et dontl’espace intermédiaire, qui est vide, laisse voir aux pas-sants une montagne verte et boisée, couronnée par unjoli petit château. Sur l’eau, la foule de bâtimentss’épaississait à chaque instant, et j’admirais l’habileté