XVI
Madame, vous désirez que je vous décrive la tour-nure de la petite Véronique; mais je ne veux pas. Vous,madame, on ne peut pas vous forcer de lire dans ce livre«une ligne de plus que vous ne voulez; moi, de moncôté, j’ai le droit de n’écrire que ce qui me plaît. Il meplaît donc de vous décrire en ce moment la belle mainque j’ai baisée dans le précédent chapitre.
Avant tout, je dois en convenir, je n’étais pas dignede baiser cette main. C’était une belle main, si tendre,si transparente, si éclatante, si douce, si parfumée, sisoyeuse, si veloutée... En vérité, j’ai envie d’envoyerchez l’apothicaire chercher pour dix sous d’épithètes.
Au doigt du milieu, était un anneau avec une perle...Je n’ai jamais vu perle jouer un si misérable rôle ! Al’annulaire, elle avait un anneau avec une antique bleuesur laquelle j’ai étudié l’archéologie pendant des heuresentières. A l’index elle portait un diamant; c’était untalisman : tant que je le voyais, j’étais heureux, car là oùil était était aussi le doigt, conjointement avec ses quatrecollègues. Et souvent avec les cinq doigts elle me frap-
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