Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
223
Einzelbild herunterladen
 

REISEBILDER.

223

amoureux. Il y avait un avocat de Mayence, à che-veux rouges, qui dit : Ses yeux ont lair de deux tassesde café noir. Il croyait dire quelque chose de très-doux,parce quil mettait toujours une horrible quantité desucre dans son café.

Mauvaises comparaisons !

Moi et le chien brun, nous étions silencieusement assisaux pieds de la belle dame; nous la regardions et nousécoutions. Elle était assise près dun vieux soldat gri-sonnant , une figure chevaleresque, dont le redoutablefront était couvert de cicatrices. Ils parlaient tous deuxdes sept montagnes que colorait dune teinte rouge lesoleil couchant, et devant lesquelles les flots bleus duRhin passaient majestueusement et paisiblement. Quenous importaient les sept montagnes, et le soleil cou-chant et les flots bleus du Rhin, et les barques aux voilesblanches qui flottaient à leur surface, et la musique quiretentissait sur une de ces embarcations, et létudiantmoutonnier qui chantait si amoureusement sur cettebarque... Moi et le chien brun nous regardions danslœil de notre amie, nous admirions son visage qui bril-lait au milieu de ses tresses et de ses boucles noires,comme la lune lorsquelle se montre rose et argentée aumilieu des nuages sombres. Cétaient de grands traitsgrecs, des lèvres hardiment arrondies, empreintes demélancolie, de tendresse et de gaieté enfantine, et lors-quelle parlait, les paroles retentissaient profondément,comme des soupirs, et séchappaient cependant vive-