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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
l'épicier , vous pouvez, madame, si vous trouvez que celaen vaille la peine, déterrer ce petit livre; mais cela n’envaut pas la peine.
D’ailleurs, madame, vous n’avez pas d’idée de mafacilité à citer. Partout je trouve occasion de placer maprofonde érudition. Parlé-je, par exemple, de manger,je remarque dans une note que les Romains, les Grecset les Hébreux ont mangé aussi ; je cite tous les plats
succulents apprêtés par la cuisinière de Lucullus.
Malheur à moi d’être né près de dix-huit siècles troptard!... Je remarque également que les repas en com-mun, chez les Grecs, s’appelaient de telle ou telle façon,et que les Spartiates ont mangé de mauvaises soupesnoires... Il est bon pour moi cependant de n’avoir pasencore vécu dans ce lemps-là;... je ne connais pas depensée plus affreuse que celle d’être devenu, moi,pauvre homme, un Spartiate, car la soupe .est mon metsfavori... Madame, j’ai l’intention de faire bientôt unvoyage à Londres; mais s’il est vrai qu’on n’y mangepas de soupe, le mal du pays me ramènera bientôt prèsdu pot au feu de la patrie. Quant à la cuisine des an-ciens Hébreux, je pourrais m’étendre avec prolixité, etredescendre jusqu’à la cuisine judaïque des temps mo-dernes...: je citerais, à cette occasion, toute la rue de laJuiverie... Je pourrais encore rapporter avec quelle tolé-rance beaucoup de savants Berlinois se sont expriméssur la table des Juifs; j’arriverais aux autres avantageset excellences des Juifs, aux inventions dont on leur est