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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

l'épicier , vous pouvez, madame, si vous trouvez que celaen vaille la peine, déterrer ce petit livre; mais cela nenvaut pas la peine.

Dailleurs, madame, vous navez pas didée de mafacilité à citer. Partout je trouve occasion de placer maprofonde érudition. Parlé-je, par exemple, de manger,je remarque dans une note que les Romains, les Grecset les Hébreux ont mangé aussi ; je cite tous les plats

succulents apprêtés par la cuisinière de Lucullus.

Malheur à moi dêtre près de dix-huit siècles troptard!... Je remarque également que les repas en com-mun, chez les Grecs, sappelaient de telle ou telle façon,et que les Spartiates ont mangé de mauvaises soupesnoires... Il est bon pour moi cependant de navoir pasencore vécu dans ce lemps-;... je ne connais pas depensée plus affreuse que celle dêtre devenu, moi,pauvre homme, un Spartiate, car la soupe .est mon metsfavori... Madame, jai lintention de faire bientôt unvoyage à Londres; mais sil est vrai quon ny mangepas de soupe, le mal du pays me ramènera bientôt prèsdu pot au feu de la patrie. Quant à la cuisine des an-ciens Hébreux, je pourrais métendre avec prolixité, etredescendre jusquà la cuisine judaïque des temps mo-dernes...: je citerais, à cette occasion, toute la rue de laJuiverie... Je pourrais encore rapporter avec quelle tolé-rance beaucoup de savants Berlinois se sont expriméssur la table des Juifs; jarriverais aux autres avantageset excellences des Juifs, aux inventions dont on leur est