REISEBILDER.
HS
quand le soleil se couche derrière le bâtiment flottant,où celui-ci parait entouré d’une auréole céleste.
La chasse le long de la côte procure également, dit-on, un très-grand plaisir, que, pour ma part, cependant,je ne sais pas beaucoup apprécier. L’homme peut ac-quérir par l’éducation le sentiment du noble, du beauet du bon; mais le goût pour la chasse est une qualitéhéréditaire qui repose dans le sang. Quand les ancêtresd’une famille ont de temps immémorial tiré sur des che-vreuils ou sur d’autres pauvres bêtes, le petit-fils trouveaussi du plaisir à cette noble occupation. Comme mesaïeux à moi n’ont pas été du côté de ceux qui chas-saient, mais plutôt de ceux qui étaient pourchassés, jesens toujours mon sang se révolter quand je dois tirersur les descendants des anciens collègues de mes pères.Je sais même par expérience acquise sur le terrain, que,s’il le faut, il m’en coûte beaucoup moins de tirer sur unchasseur capable de regretter les temps où les hommesaussi faisaient partie des divertissements de la hautevénerie. Grâce à Dieu ces temps sont passés ! S’il prendde nos jours envie à de pareils veneurs de chasser en-core un homme, ils sont forcés de le payer, comme ilsont dû le faire, par exemple, pour le coureur que je visà Guettingue il y a deux ans. Le pauvre diable s’étaitdéjà assez fatigué à courir par la chaleur accablanted’un jour de dimanche, lorsque plusieurs jeunes gentils-hommes du Hanovre, qui faisaient leurs humanités àl’université de Gœttingue, lui offrirent quelques écus