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1 (1861)
Entstehung
Seite
103
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pas un bonheur véritable, et que, dans les quelquesmoments dun état desprit plus libre et plus divin ,lhomme possède toute sa dignité intellectuelle, il peutjouir dune plus grande somme de bonheur quil ne pou-vait éprouver pendant les longues années il a végétédans lhumble et abrutissante foi du charbonnier.

En tout cas, cette domination de lÉglise était unasservissement de la pire espèce. Qui nous garantissaitla sincérité de sa bonne intention, telle que je lai dési-gnée tout à lheure? Qui peut prouver quil ne sy soitpas mêlé de temps à autre une intention quelque peuéquivoque? Rome a toujours voulu dominer, et lorsqueses légions succombèrent, elle envoya des dogmes dansles provinces. Pareille à une araignée gigantesque,Rome se tenait blottie au centre du monde latin, etenveloppait lunivers de sa toile infinie. Des générationsde peuples passaient, à labri de cette toile, une vie denaïve et de béate quiétude, en prenant pour la voûte duciel ce qui nétait quun tissu romain. Seulement lesesprits plus pénétrants, et doués dun plus libre essor,se sentaient oppressés et misérables sous cette toilemensongère, et quand ils voulaient la rompre et senéchapper, alors la rusée grande araignée les attrapaitaisément, et suçait le sang le plus intrépide de leurcœur. En vérité, le bonheur imaginaire et brutal de lamultitude nétait-il pas acheté trop cher, au prix dunsang si noble? Grâce à Dieu ! les jours de la servitude in-tellectuelle sont passés. Affaiblie par lâge, la grande