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en- doute que beaucoup de bonheur paisible n’ait étéfondé par ce moyen, que l’existence humaine n’ait àcette époque pris un développement pins fervent etplus intime, et qu’en même temps les arts, sembla-bles à des fleurs silencieusement écloses, n’aient dé-ployé alors cette magnificence que nous admironsencore aujourd’hui, et que notre science inquiète etprécipitée ne saurait imiter. Mais l’esprit a ses droitséternels, il ne se laisse ni emmaillotter par des dogmes,ni endormir par des sons de cloche ; il vint à rompreses langes enfantins, il déchira la lisière de fer à la-quelle le menait sa nourrice, l’église romaine; et dansl’ivresse et l’orgueil de la délivrance, il parcourut toutesles régions de la terre, escalada les plus hautes cimesdes montagnes, poussa des cris d’allégresse et de vic-toire, se ressouvint de bien des aspirations et des doutesséculaires, et se mit à méditer les merveilles du jour età compter les étoiles de la nuit. Nous ne connaissonspas encore le nombre de ces astres qui brillent dans lavoûte céleste, nous n’avons pas encore approfondi lesmystères curieux de la terre et de la mer: cependantbeaucoup de vieilles énigmes sont déjà résolues, noussavons beaucoup, nous devinons davantage. Mais ré-side-t-il maintenant dans notre âme plus de bonheurqu’autrefois? Nous avouons volontiers que si nous avionsen vue la multitude , nous ne pourrions guère répondreaffirmativement à cette question; mais nous devonsaussi faire l’aveu que le bonheur dû au mensonge n’est