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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
d’un éclat plus joyeux, et où la lune s’épanouit avecdes rayons plus féeriques, même alors toutes les fleursde ces contrées heureuses ne peuvent charnier les re-grets de leur cœur; au milieu de la patrie parfumée duprintemps, ils sont saisis de douloureux désirs qui lesreportent vers leur île de sable, vers leurs petites ca-banes, vers le foyer flamboyant où tous les membresde la famille sont accroupis côte à côte, bien envelop-pés dans des camisoles de bure, buvant un thé qui nediffère que par son nom d’une tiède eau de mer, etparlant un baragouin tel, qu’on s’explique difficilementcomment ils peuvent le comprendre eux-mêmes.
Le charme qui rattache ces gens si étroitement en-semble dans' leur existence sobre et modeste, c’estmoins le penchant intime et mystique de l’atnour, quele lien de l’habitude, le besoin naturel de vivre les unsde la vie des autres par une espèce de communauté fra-ternelle de pensée et de sentiment. Une égale hauteur,ou plutôt infimité d’esprit social, leur donne les mêmesbesoins et leur propose un même but ; une expérienceet des opinions conformes amènent entre eux une en-tente très-facile ; et ils se tiennent en bon accord, assisau coin du feu, où ils rapprochent leurs sièges quandil fait froid. Quoique muette, la conversation n’est pasmoins animée : chacun lit dans les yeux de l’autre, etquand ils parlent, ils savent ce que chacun veut direavant que les paroles aient quitté ses lèvres. Tous lesrapports communs de la vie leur sont présents à la mé-