U ILE DE NORDERNEY
— Écrit en 1826 . —
Les indigènes sont, pour la plupart, extrêmementpauvres et vivent de la pêche, qui ne commence qu’aumois d’octobre, par les temps orageux. Beaucoup deces insulaires servent aussi comme matelots sur lesnavires de commerce étrangers, et restent pendant desannées entières éloignés de chez eux, sans donner deleurs nouvelles à leurs familles. Assez souvent ils trou-vent la mort dans les flots. J’ai rencontré dans l’île quel-ques pauvres femmes, dont toute la parenté masculineavait péri de la sorte. Un pareil malheur arrive d’autantplus souvent, que le chef de la famille aime à s’embar-quer sur le même navire avec ses fils, ses neveux etpetits-neveux.
La navigation a un grand charme pour ces hommes;et pourtant je crois qu’à la maison ils se sentent tousmieux à'l’aise. Lors même qu’ils sont allés, sur leursvaisseaux, dans ces pays méridionaux où le soleil brille