RETSEBILDER.
91
pas pour rien que les anciens empereurs saxons tenaienttant à leur Hartz chéri. On n’a qu’à feuilleter la bellechronique de Lünebourg, où les braves vieux princessont représentés au naturel, en admirables estampes surbois, couverts du harnais, assis sur leurs hauts cour-siers de bataille, caparaçonnés de blason, la sainte cou-ronne impériale sur leur tête sacrée, tenant d’une mainferme le sceptre et le glaive. On peut lire clairementsur leurs bonnes figures barbues, combien ils ont sou-piré fréquemment au souvenir tendre de leurs princessesdu Hartz, et du murmure intime de leurs forêts du Hartz,quand ils séjournaient à l’étranger, même dans l’Italie,riche de citrons et de poisons, où les attira si souventle désir de s’appeler empereurs romains, manie detitres vraiment allemande, qui perdit empereur et em-pire.
Au surplus, je conseille à quiconque se trouve ausommet de l’Ilsenstein, de ne penser ni aux empereursni au saint-empire, ni à la belle Use, mais seulementà ses propres pieds. Car au moment où j'y étais, perdudans mes rêveries, j’entendis tout à coup la musiquesouterraine du château enchanté, et je vis autour demoi les montagnes se renverser sur la tête, les rougestoits d’ilsenbourg danser, et les arbres verts faire laronde dans le ciel bleu, de sorte que tout devint bleu etvert devant mes yeux, et que, certainement, ce ver-tige m’aurait précipité dans l’abîme, si je ne m’étais,