REISEBILDER.
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quoi un sourire d’une incrédule amabilité peut errer surleurs lèvres, quand nous célébrons, avec un scolastiqueorgueil, nos hauts faits logiques, et que nous nous van-tons d’avoir si joliment divisé tout en objectif et en sub-jectif, meublé nos têtes, comme une boutique d’apothi-caire, de quelques mille tiroirs, dans l’un desquels nousrangeons la raison, dans l’autre l’entendement, dansun troisième le bon sens, dans le quatrième le senscommun, et dans le cinquième le vide, c’est-à-direl’idée.
Marchant comme enveloppé par un rêve, je n’avaispresque pas remarqué que nous avions quitté le fondde la vallée de l’Ilse, et que nous remontions. Le chemindevint escarpé et fatigant, et plus d’un parmi nous setrouva hors d’haleine. Mais, à l’exemple de feu notrecousin qui est enterré à Mœlln, nous pensions paravance au plaisir de redescendre; cela nous entre-tenait en bonne humeur. Enfin nous arrivâmes surl’Ilsenstein.
C’est un énorme rocher de granit qui s’élève longue-ment et hardiment du fond de l’abîme. 11 est entouréde trois côtés par de hautes montagnes couvertes debois; mais le quatrième, celui du nord, est entièrementdégagé, -et l’on voit de là, sous ses pieds, Ilsenbourg etl’Ilse, qui se déroule dans la plaine. Sur la cime la plusélevée du rocher, qui a la forme d’une tour, on a scelléune grande croix de fer, et il y a de plus, au besoin,encore place pour quatre pieds d’homme.