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élevât alors le corps du Seigneur, et que du haut del’orgue se répandît le divin choral de Palestrina.
Pendant que je me laisse ainsi absorber par la piété,j’entends quelqu’un s’écrier à côté de moi : — Que lanature est donc belle en général ! — Cette exclamationpartait du sensible cœur de mon camarade de chambre,le jeune marchand. Cela me rendit aux dispositions dela vie commune, et je me trouvai alors en état de direaux dames beaucoup de jolies choses sur le coucher dusoleil, et de les conduire à leur chambre aussi tranquil-lement que si rien ne se fût passé. Elles me permirentaussi de causer encore une heure avec elles. Comme laterre elle-même, notre conversation tourna autour dusoleil. La mère prétendit que le soleil qui se perdaitdans la vapeur avait l’air d’une rose purpurine que leciel galant avait jetée d’en haut dans le voile blanc dela terre, sa fiancée chérie. La fille sourit, et pensait quela vue fréquente de ces beaux phénomènes en affaiblis-sait l’impression. La mère rectifia cette opinion faussepar un passage des lettres de voyage de Goethe, et medemanda si j’avais lu Werther. Je crois que nous par-lâmes aussi de chats angoras, de vases étrusques, dechâles turcs, de macaroni et de lord Byron, dont lavieille dame récita quelques couchers de soleil avec ungazouillement et des soupirs fort gracieux, je recom-mandai à la jeune, qui ne savait pas l’anglais et voulaitconnaître ces poésies, la traduction de ma belle et spiri-tuelle compatriote, la baronne Elise de Hohenhausen.