REISEBILDEtt.
63
•S
s
'K»
K
■ü
*«
&Rr:
iw
•P
wài
M
Bit»»**
•f
0
0 *
t*
**
lu.»'
0
0 t*
que tout paraît là-bas si merveilleux. » Oui, tout nousapparaît merveilleux, quand nous regardons pour la pre-mière fois du haut du Brocken : toutes les faces de notreesprit reçoivent des impressions nouvelles, différentespour la plupart, et même contradictoires, qui remplis-sent notre âme d’un sentiment sublime encore confuset obscur. Mais, si nous parvenons à en débrouillerl’idée nette, nous reconnaissons le caractère de la mon-tagne. Ce caractère est tout allemand sous le rapportdes défauts comme sous celui des qualités. Le Brockenest un véritable Allemand. C’est avec une exactitudeallemande qu’il nous montre clairement et distincte-ment, comme dans un panorama colossal, les plusieurscentaines de villes, bourgs et villages, situés pour laplupart au nord, et tout autour, les montagnes, lesforêts, les rivières, les plaines, à perte de vue. Maisaussi tout cela prend l’air d'une carte spéciale de géo-graphie sèchement dessinée, coloriée avec pureté; nullepart l’œil n’est réjoui par des paysages véritablementbeaux. La même chose nous arrive à nous autres, com-pilateurs allemands, par suite de cette consciencieuseexactitude avec laquelle nous voulons tout rapporter,sans pouvoir penser jamais à faire ressortir le détailavec un charme particulier. Le Brocken a aussi quelquechose du calme, de l’intelligence et de la tolérance alle-mandes, parce qu’il peut voir les choses de haut et avecclarté. Et quand une pareille montagne ouvre ses yeuxgigantesques, elle peut bien voir un peu mieux que