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REISEBILDER. 33
jaunes duquel se posa pourtant avec tant de charme ladouce main de la bien-aimée !
La vieille femme en face de l’armoire, derrière lepoêle, portait une robe à fleurs, d’une étoffe passée,l’habit de noce de sa grand’-mère. Son arrière-petit-fils,petit garçon blond, aux yeux étincelants, et déjà habilléen mineur, était assis aux pieds de sa bisaïeule, et comp-tait les fleurs de cette robe, et elle lui a peut-être racontésur cette robe beaucoup d’historiettes, beaucoup d’his-toriettes sérieuses et jolies, eue l’enfant n’oubliera cer-tainement pas de sitôt, et qui flotteront souvent encoredans son imagination quand, devenu homme, il tra-vaillera solitairement dans les galeries sombres de laCaroline, et il les redira peut-être longtemps après quela bonne grand’-mère sera morte, et que lui-même,vieillard éteint et blanchi, sera assis dans le cerclede ses petits-enfants, en face de la grande armoire,derrière le poêle.
Je couchai à l’auberge de la Couronne, où le conseilleraulique Bouterweck était arrivé de Gœttingue dans lajournée. J’eus le plaisir de faire ma cour au vieillard.Quand je m’inscrivis dans le livre des étrangers, et queje feuilletai le mois de juillet, j’y trouvai le nom biencher d’Adalbert de Chamisso, le biographe célèbre del’immortel Pierre Schlemiehl. L’hôte me raconta que cemonsieur était arrivé par un temps effroyable, et étaitreparti avec un temps pareil.
Le lendemain, je dus alléger encore mon havre-sac;