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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
s’entretenait avec la servante au cuir jaune, Fusia Cani-nia, appelée aussi Hochequeue. Il lui dit quelques gra-cieusetés, et tous deux en venaient bientôt aux mains.Pour alléger mon havre-sac, j’en retirai un pantalonbleu, fort remarquable sous le rapport historique, et ledonnai au petit garçon d’auberge, qu’on nomme Coli-bri. Pendant ce temps, la Bussenia, la vieille hôtesse,m’apporta de bonnes tartines, et se plaignit de ce qu’elleme voyait si rarement, car elle m’aime beaucoup.
Derrière Nœrten, le soleil était élevé et brillant. Il seconduisit fort poliment avec moi et m’échauffa la têtede manière à m’y faire mûrir toutes les pensées enherbe. L’aimable soleil de l’auberge de Nordheim n’estpas à dédaigner non plus ; j’y entrai et trouvai le dînerprêt. Tous les plats étaient préparés d’une façon savou-reuse, et me convenaient mieux que la cuisine acadé-mique, les éternels stokfisch deGœttingue. Quand monestomac fut un peu satisfait, je remarquai dans la salleoù je me trouvais un monsieur et deux dames qui sepréparaient à partir. Ce monsieur était habillé complè-tement en vert, et portait même des lunettes vertes, quijetaient sur son nez d’un rouge cuivré, un reflet commedu vert de gris. Il avait tout à fait l’air du roi Nabncho-donosor dans ses dernières années, où, selon la tradi-tion, tel qu’un animal des bois, il ne mangeait plus quede la salade. L’homme vert désira que je lui indiquasseun bon hôtel à Gœttingue, et je lui conseillai de deman-der au premier étudiant venu l’hôtel de Briihbach. L’une