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1 (1861)
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IV
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iv HENRI HEINE.

plus compromises furent puriiiées par les flammes de mesardeurs et redevinrent vierges entre mes bras: ces restau-rations de virginités faillirent parfois, il est vrai, épuisermes saintes forces; jétais tout amour et tout exempt dehaine; je ne me vengeais plus de mes ennemis; car jenadmettais pas dennemis vis-à-vis de ma divine personne,mais seulement des mécréants, et le tort quils me fai-saient était un sacrilège, comme les injures quils medisaient étaient autant de blasphèmes. Il fallait bien detemps en temps punir de telles impiétés, mais cétait unchâtiment divin qui frappait le pécheur, et non une ven-geance par rancune humaine. Je ne connaissais pas nonplus à mon égard des amis, mais bien des fidèles, descroyants, et je leur faisais beaucoup de bien. Les frais dereprésentation dun Dieu qui ne saurait être chiche et quine ménage ni sa bourse ni son corps sont énormes. Pourfaire ce métier superbe, il faut avant tout être doté debeaucoup dargent et de beaucoup de santé; or, un beaumatin, cétait à la fin du mois de février 1848, cesdeux choses me firent défaut, et ma divinité en fut telle-ment ébranlée quelle sécroula misérablement. »

Je vis beaucoup Heine pendant cette période divine,cétait un dieu charmant malin comme un diable ettrès-bon quoi quon en ait pu dire. Quil me regardâtcomme son ami ou comme son croyant, cela ne mimpor-tait guère, pourvu que je pusse jouir de son étincelanteconversation ; car, sil fut prodigue de son argent et de sasanté, il le fut encore davantage de son esprit. Quoiquilsût très-bien le français, quelquefois il samusait à déguiserses sarcasmes d une forte prononciation tudesque qui eût