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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
XVI
SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DES MATOUS.
La société philharmonique des matous était assem r -blée sur le toit la nuit dernière; ce n’étaient pas lesardeurs sensuelles qui l’avaient convoquée; on ne s’at-taquait pas, on ne faisait pas l’amour.
Les rêves de noces des nuits d’été, les mélodies amou-reuses ne conviennent pas à la saison d’hiver, aux tempsde glace et de neige. Toutes les gouttières étaient gelées.
Il faut dire aussi qu’un esprit nouveau s’est emparéde la race des chats. La jeunesse surtout, la jeune chat-terie, est enthousiaste des choses sérieuses.
La vieille génération frivole et voltairienne est àl’agonie. Un nouvel essor, un printemps de poésie félinese produit dans l’art et dans la vie des chats.
La société philharmonique des matous revient main-tenant à l’art primitif sans art, à la naïveté naturelle.
Ce qu’elle veut, c’est la musique-poésie, des rouladessans trilles, la poésie instrumentale et vocale, la mu-sique qui n’est pas de la musique musicale.
Elle veut aussi la souveraineté du génie, du génie quibronche souvent, il est vrai, mais qui souvent aussi, àson insu, grimpe au degré suprême de l’art.