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Poëmes et légendes
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359
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LE LIVRE DE LAZARE. 359

soupe moi-même; — le foyer de la cheminée s’estéteint; vite, apportez-moi du feu, un brin de feu. »

A peine la perfide a-t-elle prononcé ces mots, lesscarabées s’envolent au plus vite ; ils vont chercher dufeu, et bientôt ils sont loin de la forêt natale.

Ils aperçoivent des lampes brillantes (c’était, je crois,dans un jardin illuminé),et les amoureux, emportés parleur aveugle ardeur, se précipitent dans le feu deslampes.

Les flammes des lampes dévorèrent en pétillant lesscarabées et leurs cœurs amoureux. Les uns payèrentde leur vie, les autres ne perdirent que leurs ailes.

Oh ! malheur au scarabée dont les ailes sont brûlées!dans un pays étranger, il faut qu’il rampe comme unver au milieu d’insectes humides qui répandent uneodeur infecte.

L’infortuné scarabée ! c’est alors qu’il se lamente :« O la mauvaise société est une des plus terribles plaiesde l’exil. On est forcé de vivre avec un tas de vermine,avec des punaises même,

ci Qui nous traitent comme des camarades parce quenous habitons le même fumier. Déjà le Dante, le dis-ciple de Virgile s’est plaint de cet ennui insupportable :poète en exil il a chanté l’enfer.

« Je pense avec tristesse au temps plus heureux où,