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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
I
SOIF DE REPOS.
Laisse saigner tes blessures, laisse tes larmes coulersans tarir; il y a dans la douleur des débauches de vo-lupté secrète, et les pleurs sont un baume bien doux.
Si une main étrangère ne t’a pas blessé, tu feras biende te blesser toi-même; n’oublie pas non plus de remer-cier gracieusement le bon Dieu quand des larmes mouil-leront tes joues.
Le bruit du jour s’évanouit, la nuit descend avec seslongs crêpes. Dans son sein, point de fripon ni d’imbé-cile qui vienne troubler ton repos.
Là tu seras en sûreté contre la musique, contre la tor-ture du piano-forte, contre la magnificence du Grand-Opéra, contre ses terribles tintamarres de bravoure.
Là tu ne seras plus poursuivi, torturé, par la tourbedes virtuoses, par le génie de Giacomo, et par les ap-plaudisseurs chargés de porter son nom jusqu’aux con-fins du monde.
O tombeau, tu es le paradis des oreilles délicates quicraignent le bruit populacier de la multitude! La mort estbonne; cependant il vaudrait mieux encore n’être ja-mais né.