qui as voulu racheter le monde, sauver les hommes!Folie divine !
Ils t’ont rudement traité, messieurs du grand conseilde Jérusalem. Qui t’avait conseillé aussi de parler silibrement de l’État et de l’Église?
Pour ton malheur, l’imprimerie n’était pas encoreinventée. Tu aurais écrit un livre sur le royaume descieux ;
Le censeur aurait biffé ce qui a rapport à la terre, etdans sa bienveillance la censure te sauvait de la croix.
Ah ! si seulement tu eusses choisi un autre texte pourta prédication de la montagne ! Tu avais certes assez detalent et d’esprit pour pouvoir voiler ta pensée, et tuas pu ménager les dévots !
Mais tu as été trop passionné, tu as chassé du templeavec un fouet les changeurs et les banquiers : malheu-reux Dieu ! te voilà cloué à la croix pour servir d’avertis-sement et d’exemple.
XIV
Le vent est humide, le pays nu, la patache chancelledans la boue. Pourtant je chante dans mon cœur: Soleil,flamme accusatrice !
C est le refrain d’une vieille chanson que me chanta