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BALTHAZAR.
La nuit était au milieu de sa course ; Babylone reposaitdans un muet sommeil.
Cependant là-haut, dans le palais du roi, flamboyaientles torches et tapageait la valetaille du roi.
Là-haut, dans la salle du roi, Balthazar présidait sonroyal banquet.
Les courtisans étaient assis en cercle bariolé, et vi-daient des gobelets remplis d’un vin étincelant,
Le cliquetis des gobelets se mêlait aux cris d’allégressedes convives, et ce bruit caressait agréablement l’oreillede l’orgueilleux roi.
Les joues du roi se colorèrent de pourpre; en buvant,l’audace lui montait, et son outrecuidance l’entraîna jus-qu’aux blasphèmes.
Et il se carrait dans son impiété, et il vomit desinjures contre Dieu ; la troupe des courtisans rugissaitd’admiration.
Le roi appela du regard; un serviteur sortit et revintaussitôt.
Il portait sur la tête des vases d’or et d’argent, quiavaient été enlevés du temple de Jérusalem.
Et d’une main sacrilège le roi saisit une coupe sacrée,