Druckschrift 
Poëmes et légendes
Entstehung
Seite
157
Einzelbild herunterladen
 

NOCTURNES.

157

tes perles fines, cher comte ! ta fille me conviendraitbien davantage.

« Ils étaient bien gardés tous deux derrière des ver-roux et des serrures, et le comte avait de nombreuxvalets. Mais que m’importaient valets, verroux et ser-rures !

« Je grimpai hardiment à l’échelle, j’escaladai lafenêtre de ma bien-aimée. J’entendis crier : — Toutbeau, mon garçon ! il faut que je sois de la partie ; moiaussi j’aime les perles fines.

« Ainsi parla le comte en m’empoignant, et la troupedes valets m’entoura. Par le diable, canaille ! m’écriai-je,je ne suis point un voleur, je voulais seulement voler mabien-aimée.

« Mes raisonnements et mes démonstrations restèrentinfructueux; la corde fut promptement lacée autour demon cou, et lorsque le soleil se leva, il fut étonné de mevoir pendu. »

Les esprits éclatèrent d’un rire bruyant. Un sixièmepersonnage s’avança, avec une forte entaille à la gorge :

« Pour me désennuyer d’un chagrin d’amour, j’allai àla chasse ; je tenais mon fusil sous le bras. Du haut d’unarbre le corbeau croassa : Tête à bas ! tête à bas !

« J’épiais une colombe ; je la rapporterai à mon amie,