NOCTURNES.
155
« Rinaldo Rinaldini, Schinderhannes, Carlo Moor etautres illustres chefs de bande étaient les modèles que jem’étais proposés.
« J’étais, sauf votre respect, aussi amoureux que cha-cun de ces nobles chevaliers de grande route, et jem’affolai d’une femme, idéal de beauté !
« Et je soupirais et je gémissais; et comme l’amourm’avait brouillé la cervelle et rendu distrait, ma mains’égara un jour dans la poche de monsieur mon voisin.
« La police me chercha noise, parce que je voulaisessuyer mes larmes d’amour avec le mouchoir de poched’autrui,
« Et selon l’antique coutume des sbires, on me pritdoucement au collet, et la maison de correction me reçutdans sa vénérable enceinte.
« La vie sédentaire ne calma guère les transports dema passion. Je demeurai là à filer de la laine, jusqu’à ceque la mort vint me délivrer d’une position indigned’un émule des grands hommes. »
Les esprits éclatèrent d’un rire bruyant. Un troisièmepersonnage s’avança, fardé et paré :
«J’étais un héros sur les planches, et je jouais lesamoureux. Je beuglais de toutes mes forces : ô dieux !je soupirais très-tendrement : hélas !
« Le rôle que je jouais le mieux, c’était celui de Mor-