LA MER DU NORD.
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AU FOND DE LA MEK.
J’étais couché sur le bordage du vaisseau et je regar-dais , les yeux rêveurs, dans le clair miroir de l’eau, etje plongeais mes regards de plus en plus avant, lorsqu’aufond de la mer j’aperçus, d’abord comme une brumecrépusculaire, puis peu à peu, avec des couleurs plusdistinctes, des coupoles et des tours, et enfin, éclairéeparle soleil, toute une antique ville néerlandaise pleinede vie et de mouvement. Des hommes âgés, enveloppésde manteaux noirs, avec des fraises blanches et deschaînes d’honneur, de longues épées et de longuesfigures, se promène-nt sur la place, près de l’hôtel deville orné de dentelures et d’empereurs de pierre naïve-ment sculptés, avec leurs sceptres et leurs longuesépées. Non loin de là, devant une file de maisons auxvitres brillantes, sous des tilleuls taillés en pyra-mides, se promènent, avec des frôlements soyeux, dejeunes femmes, de sveltes beautés dont les visages derose sortent décemment de leurs coiffes noires et dontles cheveux blonds ruissellent en boucles d’or. Une foulede beaux cavaliers costumés à l’espagnole se pavanentprès d’elles et leur lancent des œillades. Des matronesvêtues de mantelets bruns, un livre d’heures et un ro-saire dans les mains , se dirigent à pas menus vers legrand dôme, attirées par le scn des cloches et le ronfle-ment de l’orgue.