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Poëmes et légendes
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plies de combats et de bouffonneries héroïques, et, parintervalles, il rit et hurle les incantations de l’Edda, lesévocations runiques, et tout cela avec tant de gaietéféroce, avec tant de rage burlesque, que les blancs en-fants de la mer bondissent en l’air et poussent des crisd’allégresse.

Cependant sur la plage, sur le sable où la marée alaissé son humidité, s’avance un étranger dont le cœurest encore plus agité que le vent et les vagues. Partoutoù il marche, ses pieds font jaillir des étincelles et cra-quer des coquillages ; il s’enveloppe dans un manteaugris, et va, d’un pas rapide, à travers la nuit et le vent,guidé par une petite lumière qui luit douce et séduisantedans la cabane solitaire du pêcheur.

Le père et le frère sont sur la mer, et, toute seulette dansla cabane, est restée la fille du pêcheur, la fille du pêcheur,belle à ravir. Elle est assise près du foyer et écoute le bruis-sement sourd et fantasque de la chaudière. Elle jette desramilles pétillantes au feu et souffle dessus, de sorte queles lueurs, rouges et flamboyantes se reflètent magique-ment sur son frais visage, sur ses épaules qui ressortentsi blanches et si délicates de sa grossière et grise che-mise, et sur la petite main soigneuse qui noue solide-ment le jupon court sur la fine cambrure de ses reins.

Mais tout à coup la porte s’ouvre, et le nocturne étran-ger s’avance dans la cabane; il repose un œil doux et